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Extrait du corrigé : III - La parole et le désir L'idée que la parole n'est là que pour exprimer nos idées conscientes repose sur une certaine conception de la conscience héritée de Descartes. Selon lui, la pensée se fonde sur des idées claires et distinctes, en sorte que rien de ce qui est présent à l'esprit ne lui demeure caché. Or, depuis Freud et la psychanalyse, nous pouvons tenir que la conscience, c'est-à-dire la pensée vigile, proprement consciente, n'est qu'une partie de l'esprit, soumis de manière fondamentale à l'inconscient. Si celui-ci s'exprime souvent dans le rêve, la parole en est un lieu de manifestation privilégié. C'est pour cela que la parole peut-être tenue pour un excès de sens : elle dit toujours plus que ce qu'elle semble dire ou que ce que nous croyons qu'elle dit. Désormais, nous comprenons comment le sens peut excéder les paroles elles-mêmes : il y a un décalage entre ce que nous disons (les mots, les paroles que nous prononçons) et leur sens. C'est de ce point de vue-là que nos paroles peuvent nous trahir, c'est-à-dire révéler un sens « caché » ou inconscient. Cet excès est clairement mis en lien avec le désir par Freud. En effet, celui-ci répond au principe de plaisir, c'est-à-dire à la satisfaction immédiate. Or, la vie sociale et l'éducation tendent à refouler les désirs : l'enfant qui veut regarder la télévision, mais qui subit une interdiction de la part de ses parents, intériorise et refoule son désir.
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