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POUR LE SUJET: L'homme est-il réellement libre ?
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Sujet : Est-ce une bonne chose de se dire: le travail est bon pour la santé ?

Extrait du corrigé :    Deuxième partie   - Loin d'être libérateur, cet embourgeoisement est aussi bien une prolétarisation : le travail est une forme d'exploitation et d'aliénation qui réduit l'homme à l'état de bête (Marx, Manuscrits de 1844, 2e partie « Le monde aliéné »). Marx oppose pourtant à ce modèle aliénant un idéal libérateur du travail, dans lequel l'homo laborans exprimerait sa véritable personnalité : il travaillerait non simplement pour manger, mais pour lui-même et afin d'établir des rapports sociaux avec d'autres hommes, et non en tant que simple travailleur (pièce d'une machine).   - Dire que « le travail est bon pour la santé » relève donc d'une mystification qui ne conduit qu'à la résignation individuelle devant la nécessité de « gagner sa vie » (au prix de la perdre, à petit feu ou brutalement) et, finalement, au maintien de l'ordre social existant. « Le travail est la meilleure des polices » (Nietzsche). En outre, si Marx comme les libéraux considèrent que le travail est l'outil du progrès, de la transformation de la nature en culture (Hegel), assimilant donc le travail à une production nécessaire et utile, celui-ci peut même se révéler, dans nos sociétés de consommation, stérile : l'activité de production ne sert plus qu'à satisfaire des besoins artificiels créés de toutes pièces par la publicité, etc.   Troisième partie   - Pourtant, l'oisif est un homme malheureux (Pascal, Pensées, §139 : l'homme ne sait pas rester seul dans sa chambre, il doit s'agiter, « jouer »). De plus, le travail apporte une reconnaissance sociale : le chômeur est « exclu », l'oisif méprisé (fable des frelons et des abeilles de Mandeville). Ainsi, si l'on peut critiquer le caractère aliénant et stérile du travail dans la société de consommation, dont la médecine du travail établit les symptômes, et dénoncer le caractère idéologique de la valeur-travail, il faut reconnaître que le travail, devenue de fait une valeur consensuelle, est la forme principale de participation à la vie sociale.   - De ce fait, au-delà du travail nécessaire, en tant qu'activité productrice et transformation de la nature, il faut reconnaître une dimension psychique et sociale au travail en tant qu'activité reconnue par la collectivité. Si le travail comporte aussi une dimension pathologique (stress, « workaholic », etc.

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Définitions

  • chose : 1. Désigne la réalité (res en latin : chose) en gén. ; cf. DESCARTES : « chose pensante » (âme), « chose étendue » (matière). 2. Désigne la réalité, envisagée comme déterminée et statique, existant hors de la représentation ; en ce sens, KANT utilise l'expression « chose en soi ». 3. (Par ext.) À partir du sens 2, désigne la réalité inanimée, hors de son rapport à la pensée (le monde des choses). Rem. : la chose se distingue de l'objet en ce que ce dernier est construit ; cela n'implique pas que la chose soit chose en soi ; ce qui est chose se constitue comme ce qui est maniable, ce qui est disponible ; autrement dit, l'objet se réfère à la pensée, la chose à l'action ; le monde des choses, c'est le monde qui se détermine dans la pratique, et y résiste ; à partir du sens 3, le réaliste confond volontiers la chose et l'objet (cf. DURKHEIM : « Il faut considérer les faits sociaux comme des choses »). 4. Chosisme : attitude qui consiste à considérer la réalité comme une chose au sens 2.
  • dire : Affirmer, soutenir, tenir pour vrai.
  • travail : Du latin populaire tripalium, «machine à trois pieux » destinée à immobiliser les chevaux pour les ferrer, d'où « instrument de torture ». Toute activité visant à la production d'une oeuvre utile. Spécialement, ensemble des activités accomplies par l'homme pour produire des biens et des services en contrepartie desquels il est rémunéré. * Le travail est souvent associe a la peine et a la souffrance. Dans la Bible d'ailleurs, Dieu punit le premier péché en chassant Adam du jardin d'Eden et en l'obligeant à cultiver désormais une terre stérile : « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ». * Pour Marx, le travail humain contribue à transformer l'homme tout autant que la nature. En effet, contrairement à l'animal, qui agit par pur instinct, l'homme détermine dans sa conscience le but qu'il veut atteindre avant de le réaliser. « Ce qui distingue dès l'abord le plus mauvais architecte de l'abeille la plus experte, écrit Marx, c'est qu'il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. » * Le travail salarié constitue, selon Nietzsche, « la meilleure des polices » : « il tient chacun en bride et s'entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l'indépendance ».
  • bon : 1. Qui possède parfaitement les qualités requises par sa fonction ou sa nature : un bon philosophe. 2. (Par ext.) Apte à accomplir quelque chose, à être utilisé dans un certain but ; utile. 3. (Morale) Qualité de ce qui est conforme aux normes morales ; en parlant des personnes, qualifie celle qui agit moralement bien, et en part. celle qui est portée à la bienveillance et à la sympathie envers autrui (en ce dernier sens, opposé à méchant). 4. Pour NIETZSCHE, concept correspondant à la valeur par laquelle les forts s'estiment eux-mêmes et rejettent les autres comme mauvais ; l'aspect actif de cette estimation et l'antériorité du concept positif sur le concept négatif caractérisent la morale aristocratique par opposition à la morale du ressentiment née de la réaction des faibles qui attribuent la valeur « mal » aux actions des forts et, de là, la valeur « bien » à leurs propres actions : « J'ai mis en tête de mon dernier ouvrage : " Par-delà le Bien et le Mal ". Cela ne veut du moins pas dire " Par-delà le bon et le mauvais " ». 5. Bonne forme (loi de la ) : loi posée par certains psycho. (KÔHLER, GOLSTEIN) et selon laquelle, parmi toutes les structurations possibles du champ perceptif, la meilleure du point de vue de l'unité, de la simplicité et de la régularité s'impose au détriment des autres ; cf. prégnance (loi de ). 6. Bon objet/mauvais objet (psychanalyse) : termes désignant les premiers objets pulsionnels de la vie fantasmatique de l'enfant, opposés, par leur caractère gratifiant ou frustrant et surtout par la différence des pulsions qui s'y investissent (pulsion de vie ou de mort). 7. Bonne volonté : pour KANT, qualité de la volonté déterminée par le pur respect de la loi morale ; par suite, critère de la moralité de l'action : « De tout ce qu'il est possible de concevoir dans le monde et même en général hors du monde, il n'est rien qui puisse sans restriction être tenu pour bon, si ce n'est seulement une bonne volonté.

Problématique

Au-delà du caractère aliénant ou libérateur du travail, il faut distinguer la question objective « le travail est-il bon pour la santé ? » de la proposition qui la précède et qui renvoie au sujet éthique qui travaille. « Bon » s’entend ici dans deux sens, d’abord moral (« une bonne chose »), ensuite biologique ou psycho-somatique (rapport du travail à la santé).

C’est donc le rapport entre la pénibilité du travail et le travail comme valeur sociale qu’il convient d’interroger. On l’interrogera à la fois dans le cadre subjectif de la motivation personnelle, et dans celui, objectif, du « bon en soi ».

Textes / Ouvrages de référence

Le travail c'est la santé
   
Paroles: Maurice Pon. Musique: Henri Salvador   1965


Ces gens qui courent au grand galop
En auto, métro ou vélo
Vont-ils voir un film rigolo ?
Mais non, ils vont à leur boulot

{Refrain:}
Le travail c'est la santé
Rien faire c'est la conserver
Les prisonniers du boulot
N'font pas de vieux os.

Ils bossent onze mois pour les vacances
Et sont crevés quand elles commencent
Un mois plus tard, ils sont costauds
Mais faut reprendre le boulot

Dire qu'il y a des gens en pagaille
Qui courent sans cesse après le travail
Moi le travail me court après
Il n'est pas près de m'rattraper.

Maint'nant dans le plus p'tit village
Les gens travaillent comme des sauvages
Pour se payer tout le confort
Quand ils l'ont, eh bien, ils sont morts.

Hommes d'affaires et meneurs de foule
Travaillent à en perdre la boule
Et meurent d'une maladie de coeur
C'est très rare chez les pétanqueurs.



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